XXXVIII PREFACE.
nomes de Legendre, sur Interpolation, sur les nombres de
Bernoulli, sur les fonctions spheriques, etc.; toutes portant
la trace de sa rare penetration.

Lagrange vieillissant, a ce que raconte Delambre, avail
perdu le gout des Mathematiques, et son enthousiasme s'etait
eteint. Hermite fut plus heureux; les fatigues de 1'age ne ra-
lentirent pas son activite intellectuelle, ni Finteret qu'il pre-
nait aux choses de la pensee. Sa belle intelligence garda
jusqu'a la fin toute sa vivacite, et il continuait a suivre de
pres le inouvement scientifique conternporain. Sans doute,
chose bien naturelle chez un vieillard de son Age, il avait a
faire des reserves au sujet de certaines hardiesses de la pensee
mathematique actuelle; mais, plus optimiste sur ce terrain
qu'il ne Fetait dans d'autres dornaines, il aimait a esperer que
de cette vie intense sortirait quelque chose de grand et de
durable, et il entrevoyait un bel avenir pour la Science ma-
thematique du xxe siecle. Parfois il regrettait que la theorie
des nombres tut pen cultivee en France, regret d'autant mieux
justifie que la penetration fatale de la theorie des nombres
dans la theorie des fonctions donnera une grande force a
ceux qui seront penetres des principes de rArithmetique su-
perieure, et que certaines recherches relatives a la fois a
rArithmetique et a FAnalyse des fonctions pourraient don-
ner, semble-t-il, des aujourd'hui une fructueuse rnoisson. II
se rappelait qu'il n'aurait jamais pu ecrire son Memoire sur
la transformation des fonctions abeliennes s'il n'avait ete
familier avec les questions arithmetiques, exernple de 1'appui
que se pretent les diverses parties de la Science et du danger
qu'il y a pour les chercheurs a se cantonner dans des do-
inaines speciaux.

Dans ses dernieres annees, Fimmense correspondance